Accueil » News » Les infrastructures des centres de soins pour seniors doivent se réinventer

Les infrastructures des centres de soins pour seniors doivent se réinventer

© SPRYG - Dirk Dewolf
[+] © SPRYG - Dirk Dewolf

[+] © SPRYG

[+] © SPRYG - Kris Liesse, directeur Business Centre Antwerpen Haven, Real Estate & Institutionnels chez ING Belgium

Le 14 septembre dernier, SPRYG a organisé pour la 5e année consécutive le congrès Zorgvastgoed België. Le fil conducteur était le constat selon lequel les gens non seulement vivent plus longtemps en bonne santé, mais pensent et vivent également différemment des personnes âgées actuellement hébergées dans les institutions de soins et de retraite.
Dirk Dewolf, administrateur général de l'Agentschap Zorg & Gezondheid (Agence Flamande Soins de santé & Santé) a ouvert le congrès en évoquant le vieillissement de la population, dont 20 % ont plus de 65 ans à l'heure actuelle. En 2030, ce sera le cas d'une personne sur quatre. Les résidences services sont aujourd'hui occupées par des personnes nées juste avant ou juste après la Seconde Guerre mondiale. Leur sphère de vie diffère fondamentalement de la clientèle actuellement visée par ces mêmes résidences services. Plus que jamais, les gens marquent explicitement leur souhait de vivre à domicile aussi longtemps que possible (d'après un sondage, ce serait le cas de 77 % des Flamands). Pour beaucoup de seniors, partir en maison de retraite ou résidence services n'est envisageable qu'à partir de 80 ans. L'exploitation de ces centres doit donc s'adapter au public qui les occupera dans les prochaines années.
L'environnement de vie, et par conséquent toute l'infrastructure immobilière, doit être mieux adapté à ces âges. On ne peut plus partir du principe qu'on est senior dès 65 ans : il faut classer ces personnes en 3 catégories d'âge, voire davantage. Dirk Dewolf plaide pour la mise en place de "soins de proximité", afin d'assurer une mobilité maximale des personnes de plus de 65 ans en leur procurant entre autres un transport public adapté. Il envisage en outre une bien plus grande diversité de formes d'immobilier prodiguant des soins soit de façon intégrée, soit comme services externes supplémentaires.
Pour amortir le vieillissement rapide de la population, il ne suffit plus de multiplier le nombre de lits : il faut surtout adapter au maximum les infrastructures et les soins aux besoins et au mode de vie des gens de plus de 65 ans. C'est dans ce contexte qu'on saisit mieux l'importance croissante de formules de séjour court ou d'accueil de jour.
Suite à la dernière réforme de l'État en date, les régions ont hérité de plus grandes compétences en matière de protection sociale. En Flandre se poursuivent la politique d'agrément d'unités d'habitat pour seniors et la reconversion d'immeubles. La Région flamande a également décidé de procéder à la reconversion des lits de type 45.923 ROB (Rustoorden voor Bejaarden, Maison de repos pour Personnes âgées) en lits de type RVT (Rust- en verzorgingstehuis, Maison de retraite médicalisée), avec un système plus favorable de subventions parmi les centres de résidence et de soins. Le défi consiste à augmenter l'offre disponible en soins de santé mentale et l'accessibilité financière des résidences services. Dirk Dewolf conclut : "L'immobilier de soins et de retraite ne peut pas être qu'un produit d'investissement. Il doit être développé dans une perspective de servir la clientèle, d'offrir un cadre de repos chaleureux pour diverses catégories d'âge".

Attention plus soutenue pour l'aspect soins
Kris Liesse, directeur Business Centre Antwerpen Haven, Real Estate & Institutionnels chez ING Belgium, a dressé une étude confirmant que le cap des 65 ans est aujourd'hui considéré comme bien trop bas pour entrer dans une résidence services. Seulement 14 % des gens concernés semblent montrer de l'intérêt, alors qu'il n'est pas question de déménager pour la moitié des personnes sondées. Ce n'est qu'à partir de 75 ans que 18 % des répondants commencent à y voir certains avantages. À 85 ans, près d'une personne sur quatre est convaincue des avantages d'une résidence services.
Pour l'octroi des crédits destinés à la construction de telles infrastructures, ING Belgique passe au crible de nombreux critères, mais avec un accent prononcé sur l'offre et la qualité du volet des soins. Kris Liesse : "Aujourd'hui, on fait encore beaucoup trop attention à l'immobilier proprement dit, et pas assez aux soins et aux services". En examinant le dossier de demande de crédit, on compare ce que l'institution envisage d'offrir et les besoins évalués dans la région, la tarification attendue et le pouvoir d'achat régional, tout en examinant si le projet cible un groupe spécifique ou diversifié, ainsi que le statut attendu des résidents (propriétaires-utilisateurs <> propriétaires-investisseurs).
Lorsqu'on interroge les gens quant au prix d'une résidence services, 40 % fixent un coût mensuel de 800 € en moyenne. Les répondants un peu plus âgés (55 à 65 ans) sont déjà plus réalistes : 10 % d'entre eux citent une somme de 1400 à 1600 € par mois. Il faut savoir que le prix médian en Flandre s'élève actuellement à 1244 €, mais moins d'une personne sur cinq est disposée à payer ce montant.
Kris Liesse évoque également la concurrence croissante pour les résidences services, venant de différentes alternatives, ce qui les oblige de consacrer davantage d'efforts pour se distinguer.
Eduard Codde
26-09-2017