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Relamping vs relighting : que choisir ?



Axis Parc s’offre un relighting des parkings et des façades de la moitié des bâtiments du site. Un cas typique où la technologie LED a fait encore une fois toute la différence entre gaspiller chaque jour sans compter et bénéficier très rapidement du retour sur un investissement sans risque.

À ce jour, l’Axis Parc de Mont-Saint-Guibert compte 22 bâtiments abritant 2 400 personnes occupées dans 170 sociétés et start-ups. Un contact commercial a conduit Coretec Energy (Liège), société de Coretec group, intégrateur en énergie, à faire à Cobelpro (Anvers), société immobilière gérant l’Axis Parc, une proposition portant sur le relighting des communs des bâtiments : parkings souterrains, sas communs, éclairages extérieurs (points lumineux en façades et lanternes des cheminements piétons extérieurs).
« Précédemment, vu les différentes phases de construction, les éclairages n’étaient pas tous soumis à des détecteurs de présence », observe Guy Moreau, l’ingénieur chargé du projet chez Coretec. « Nous avons donc conçu une modification de l’installation qui tient compte à la fois de la présence et de la luminosité naturelle disponible, grâce à la combinaison de deux types de capteurs. Il faut savoir que les bâtiments sont construits sur pilotis et donc, sur le pourtour des parkings, situés au rez, on dispose d’un éclairage naturel. Désormais, même en cas de détection de présence, si la luminosité naturelle est suffisante, l’éclairage ne s’allume pas ».
C’est un premier pas vers la réduction de consommation. Le second pas concerne la source lumineuse : le LED.

Moins de puissance, plus de gestion
Les avantages du LED sont connus : pour un même éclairement, il permet de diviser la puissance installée par 2 ou par 3 selon la technologie utilisée. « Et on y ajoute des gains complémentaires avec de la gestion » explique Guy Moreau. « Bien sûr, la gestion est déjà possible avec des luminaires classiques, encore que certains types de lampes.»
Sur le site d’Axis Parc, ce sont des tubes TL, des ampoules HPL (haute pression mercure) et des halogènes qui ont cédé la place à des LED. Environ 600 points lumineux sont concernés dont 150 pour l’éclairage des façades, purement décoratif. La consommation a été divisée par 10.

ROI : moins de 4 ans
« En général avec le LED, dès qu’on atteint 16 h de fonctionnement quotidien, on est à 2 ou 3 ans de temps de ROI sans problème, affirme Guy Moreau. Le retour financier est assuré à la fois par la baisse de consommation et par le gain en coût de maintenance. Après 20.000 h, les technologies classiques ont perdu 80 % du flux. En LED, il faut 50.000 h. On économise donc 2,5 remplacements qui incluent le prix de la lampe, plus la main d’œuvre, plus le coût de matériel comme une nacelle élévatrice, etc. Dans le cas d’Axis Parc, en restant très prudent dans les estimations, on est à moins de 4 ans de temps de retour sur investissement. »

« Un boulot d’électricien ? »
« Pas vraiment » réagit Guy Moreau. « Notre métier consiste à réaliser une étude d’éclairage et avant cela, à poser des questions au client : “Êtes-vous content de votre éclairage ? Avez-vous des demandes du CPPT(*) ? Votre installation est-elle conforme au RGIE(**) (dont la nouvelle version entre en vigueur le 1/6/2020 – NDLR) ? Voulez-vous augmenter le niveau d’éclairement (pour des raisons de process, par exemple) ? Avez-vous de l’éclairage naturel ?... À partir de ses réponses, nous réalisons des mesures d’éclairement sur place, pour déterminer le matériel le plus approprié, le meilleur éclairage avec la bonne gestion. “Relighter”, cela ne se résume pas à remplacer pièce par pièce les appareils d’éclairage. Nous fournissons cette étude, le matériel et, dans 90 % des cas, nous nous occupons aussi de l’installation. »

L’avenir du LED ?
En conditions de laboratoire, les LED donnent 250 lumens par watt (lm/W) électrique consommé. En situation réelle, il existe sur le marché des LED qui fournissent jusqu’à 160 - 190lm/W. Actuellement, les fournisseurs sérieux, aptes à garantir 5 à 6 ans les performances de leur matériel sont face à une barrière technologique liée au besoin de refroidissement du LED et la durée de vie de la partie électronique. « L’électronique est encore le point faible des lampes LED, constate Guy Moreau, et en cas de surchauffe (plus de 45°C), la durée de vie du matériel décroît de façon exponentielle. Or les anciens luminaires ne sont pas toujours capables de dissiper suffisamment la chaleur pour garantir la durée de vie de la source LED. C’est pour cela qu’il est souvent préférable de remplacer l’ensemble du luminaire par un modèle étudié pour le LED. En outre, quand on doit travailler avec des angles précis, comme c’est parfois le cas en milieu industriel, notamment, les LED permettent d’ajouter une optique sur la LED elle-même, et ainsi apporter le meilleur angle tout en diminuant la puissance, tandis qu’avec le matériel classique, c’est plus compliqué. »

Relamping vs Relighting, pas juste une question de vocabulaire
Une opération de « relamping » consiste à remplacer les lampes sans modifier les armatures, tandis que le « relighting » consiste à installer de nouveaux appareils d’éclairage complets en remplacement des anciens. La première solution est évidemment plus économique que la seconde mais elle peut s’avérer partiellement insatisfaisante : placer une source lumineuse d’un nouveau type dans luminaire ancien, qui n’a pas été conçu pour elle peut donner des résultats décevants. « Un tube LED qui émet sur 120° d’angle dans une armature dont les réflecteurs sont conçus pour un tube TL qui émet sur 360° ne donnera pas le même résultat que le tube TL. Les besoins de dissipation de chaleur ne sont pas non plus les mêmes, explique Guy Moreau. Par ailleurs, avec le temps, la chaleur et l’oxydation font vieillir les câbles et dégradent les isolants. Le remplacement complet est donc souvent préférable. »

Question de perception et bénéfices collatéraux
Notre interlocuteur constate qu’il est fréquent que ses clients, dans leur budget CAPEX, ne fassent pas du relighting en priorité : « Ils préfèrent investir dans une amélioration du process ou de la qualité. Or non seulement le relighting est dans le groupe de tête des investissements qui apportent le meilleur ROI, mais en plus un meilleur éclairage a souvent un impact sur la qualité et sur la sécurité. C’est difficile à objectiver en chiffres mais plusieurs clients le constatent et m’en font part. »
La démarche a convaincu en tout cas, puisque nous apprenions, à l’heure de boucler cette édition, que la société Coretec entamait une seconde phase pour l’Axis Parc, avec le relighting de plus de 1.000 points lumineux dans les parties communes des bâtiments.

(*)Comité pour la prévention et la protection au travail (CPPT)
(**)Règlement Général sur les installations électriques (RGIE)




Le jargon LED
  • LED PCB (Printed Circuit Board) ou COB (chip on board) : LED non encapsulées montées côte à côte pour former une surface continue jaune clair.
  • LED SMD (Surface Mounted Diode) : petites LED individuelles ponctuelles assemblées sur une platine. On privilégie ces dernières car leur refroidissement est plus efficace
Patrick Bartholome
16-12-2019