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La dématérialisation du travail demande aussi… des espaces !

Source : IDC Digital Universe Study, sponsored by EMC, 2010.
Source : IDC Digital Universe Study, sponsored by EMC, 2010.

Télétravail et numérisation semblent effacer la matérialité des activités tertiaires. Les entreprises pensent avoir trouvé là une solution miracle pour diminuer leurs coûts d’infrastructure. Mais ce n’est pas si simple : il faut héberger techniquement et spatialement ces nouveaux modes de travail.
Une enquête déjà « ancienne » de Lexmark a montré en son temps (2004) que cette évolution était souvent mal préparée. Heureusement, depuis lors, les choses se sont améliorées, mais à sa sortie, cette enquête réalisée auprès de 1.000 Français révélait des chiffres préoccupants : seulement 33,2 % des personnes interrogées estimaient disposer d’un espace suffisant pour travailler chez elles. 18,4 % étaient obligées d’utiliser la table de la cuisine ou du séjour, un quart de s’installer dans la chambre d’amis, et 7,5% déplaçaient leur « bureau » en fonction de l’espace libre… D’ailleurs plus des trois quarts (80%) travaillaient dans un espace exigu et encombré et 67 % déclaraient ne pas avoir suffisamment de place pour travailler efficacement. Cette enquête montrait par contre que la Belgique et le Luxembourg étaient à cette époque les nations les plus avancées d’Europe sur le plan technologique, notamment par le nombre d’accès internet sans fil à domicile.

Une autre enquête, toute récente celle-là, a été menée dans le cadre de la journée nationale du télétravail en octobre 2010 par la BTA (Belgian Teleworking Association – www.bat.be). Elle témoigne du développement du télétravail en Belgique : 18,8% de la population active belge serait concernée, selon une diffusion égale entre les trois régions du pays.
Notre pays se classe ainsi avec le Danemark et les Pays-Bas dans le groupe de tête des pays « télétravailleurs ». C’est ce qu’affirme un rapport très complet réalisé en 2010 par la European Foundation for the Improvement of Living and Working Conditions : « Telework in the European Union”, disponible sur http://www.eurofound.europa.eu/docs/eiro/tn0910050s/tn0910050s.pdf.

Et les données ? >
Mais il n’y a pas que pour les travailleurs que l’espace est nécessaire : il en faut aussi pour leurs productions intellectuelles numériques. Le fournisseur d'informatique EMC a réalisé récemment sa quatrième étude sur la quantité d'informations numériques que le monde accumule en un an. En dépit de la récession mondiale, la quantité d'informations numériques créées en un an dans le monde a enregistré une croissance de 62% en 2009 par rapport à 2008. En 2009, l'univers numérique atteignait 0,8 zettaoctets (800 milliards de gigaoctets) et devrait s'élever à 35,2 zettaoctets, soit 44 fois plus, à l'horizon 2020. Dans dix ans, le volume des fichiers composant l'univers numérique (documents, photos, vidéos, musiques, etc.) augmentera d'un facteur de 67 par rapport à l'année dernière. Dans le même temps, le nombre d'informaticiens responsables du stockage, de la sécurisation et de la gestion de toutes ces informations n'augmentera que d'un facteur de 1,4.
Entreprises, organisations et particuliers hébergeront de plus en plus leurs informations dans des centres de données. En 2020, plus d'un tiers de la quantité d'informations numériques produites pendant l'année sera donc stocké, protégé, géré ou traité par un centre de données. L'informatique dans les nuages ou cloud computing, la concentration de l'informatique dans des centres de données internes et externes, accessibles par le biais de l'Internet ou d'un autre réseau, et l'informatique fournie en tant que service doivent reprendre les tâches de maintenance des informaticiens de sorte que ces derniers puissent maîtriser cette explosion d'informations et se concentrer sur l'innovation.

Question de sécurité
Selon les chercheurs, la proportion d'informations non sécurisées augmentera d'un facteur de 90 d'ici à 2020. Bien que les entreprises se portent garantes de seulement 20% de l'information numérique créée et copiée annuellement, elles sont responsables de 80% de l'univers numérique. Cette responsabilité augmentera encore en raison de l'utilisation croissante des médias sociaux comme Facebook et Twitter par les entreprises. Les chercheurs constatent également la perte d'informations numériques : aujourd'hui, notre création d'informations numériques est 35% supérieure à notre capacité de stockage. Dans les prochaines années, nous créerons un peu plus de 60% d'informations en plus que la quantité qui peut être conservée. Cette croissance d'informations impossible à endiguer s'explique, entre autres, par la numérisation de la télévision et d'autres médias. Par ailleurs, le coût de gestion d'un octet d'information numérique est à la baisse, ce qui induit une création d'encore plus d'informations.
Patrick Bartholome
26-11-2010


 Le rapport d'enquête IDC/EMC